Trésor naturel aux portes de Marseille, le Parc national des Calanques offre un paysage unique, mais fragile. Sous l’effet d’une fréquentation toujours plus forte, leur sol s’érode, leur biodiversité s’épuise. Comment alors continuer à y accéder sans les détruire ? Le projet propose un dispositif où l’architecture devient un outil de préservation, tout en améliorant l’expérience des visiteurs.

Plutôt que de construire en dur, il s’agit d’imaginer des installations légères et réversibles, inspirées par l’ingénierie écologique. Son ambition : protéger les sentiers sans les interdire, offrir de l’ombre sans artificialiser, permettre une cohabitation respectueuse entre nature et visiteurs. Ces aménagements favorisent également un confort accru, rendant la découverte de ce paysage plus accessible et agréable.

Son sol souffre du piétinement, du ruissellement et du vent. L’étude propose de surélever certains tronçons de sentiers durant les pics de fréquentation : sur les pentes, des caillebotis métalliques protègent la roche et sécurisent les passages, limitant ainsi les risques de glissades. Sur les portions planes, des plateformes ajourées répartissent la pression et permettent à la végétation de se régénérer. Cette strate artificielle offre aux visiteurs des parcours plus sûrs et confortables, en facilitant la circulation sur des sols parfois fragiles.

Dans un contexte de réchauffement climatique, l’ombre devient un levier écologique. En revisitant une tradition méditerranéenne – les draps tendus aux fenêtres "i panni stesi" – le dispositif prévoit de grands voiles ignifugés suspendus entre de fins portiques métalliques. Ces zones fraîches réduisent le stress thermique des plantes, limitent l’assèchement du sol et diminuent ainsi les risques d’incendie. Ces structures ombragées ponctuent et orientent les flux de visiteurs en proposant des points de halte agréables, comme des espaces de pique-nique, des postes d’observation ou encore des points d’eau. Ces pauses peuvent devenir de véritables petites attractions aidant à désengorger les zones sensibles et à mieux répartir la fréquentation du Parc National des Calanques.

Dans un contexte où les paysages s’abîment sous la pression touristique, il devient urgent de se demander : et si l’architecture pouvait vraiment devenir une alliée de la nature ? Conscient de ce fragile équilibre entre présence humaine et préservation de l’environnement, le projet explore une occupation réversible des lieux, respectueuse des écosystèmes présents. Il encourage ainsi une pratique touristique plus responsable, où chaque visiteur devient acteur de la protection de ce site exceptionnel.
En s’engageant dès maintenant dans cette démarche, Marseille peut à la fois préserver ces espaces fragiles et renforcer le lien essentiel qui l’unit à son patrimoine naturel.

Pour en savoir plus.

A natural treasure on the doorstep of Marseille, the Calanques National Park offers a unique, yet fragile, landscape. Increasing visitor numbers are causing soil erosion and depleting biodiversity. How, then, can people continue to access it without destroying it? The project proposes a design approach where architecture becomes a tool for preservation while enhancing the visitor experience.

Rather than building permanent structures, the idea is to imagine lightweight, reversible installations inspired by ecological engineering. Its goal: to protect the trails without closing them off, provide shade without artificializing the landscape, and allow for a respectful coexistence between nature and visitors. These interventions also improve comfort, making the exploration of this landscape more accessible and enjoyable.

The ground suffers from trampling, runoff, and wind. The study proposes elevating certain trail sections during peak periods: on slopes, metal gratings protect the rock and ensure safe passage, reducing the risk of slips. On flat areas, openwork platforms distribute weight and allow vegetation to regenerate. This artificial layer provides visitors with safer and more comfortable paths, facilitating movement over fragile terrain.

In the context of climate change, shade becomes an ecological lever. Drawing on a Mediterranean tradition—the “i panni stesi,” or cloths hung from windows—the design features large fire-retardant fabric sails suspended between slender metal frames. These shaded areas reduce thermal stress on plants, limit soil drying, and consequently lower the risk of fire. They also guide and punctuate visitor flows by offering pleasant rest points such as picnic areas, observation posts, or water stations. These pauses can become small attractions in themselves, helping to relieve congestion in sensitive zones and better distribute visitors across the park.

In a context where landscapes are suffering under tourist pressure, it becomes urgent to ask: what if architecture could truly be an ally of nature? Aware of the delicate balance between human presence and environmental preservation, the project explores a reversible occupation of the site that respects existing ecosystems. It encourages more responsible tourism, where each visitor becomes an active participant in protecting this exceptional site. By committing to this approach now, Marseille can both preserve these fragile spaces and strengthen its essential connection to its natural heritage.

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